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ANICI 2019-2020 : Pour la Solidarité

Campagne d’Animation Citoyenne (ANICI) 2019-2020

A l’École des Valeurs: Pas de Citoyenneté sans Solidarité

Le matraquage incessant des responsables politiques rappelant chaque fois les citoyens au sens du civisme, aux respects des institutions républicaines et à la participation non-violente au débat démocratique conformément à la citoyenneté, nous amène à cette précision. Il ne peut avoir de citoyenneté sans solidarité. La solidarité est cette valeur cardinale sur laquelle repose toute communauté humaine, ensemble organisé ou toute société. Il est bon de le rappeler dans un contexte où on en vient à se moquer voire à criminaliser ceux qui dans un sursaut d’humanisme tendent de sauver le peu de solidarité qui existe encore dans nos sociétés. La solidarité, ce n’est pas l’aumône du vendredi ou la charité du dimanche quand quelques pièces de monnaie sont données à des mendiants ou à des personnes vulnérables par générosité.

La solidarité c’est cette valeur qui fait comprendre à tous que nous appartenons à une société commune, une terre commune et un projet commun : l’humanité. C’est cette valeur qui nous permet de comprendre que la souffrance de l’autre doit trouver une solution définitive sans quoi notre vie n’aura pas de sens. C’est agir en ayant conscience de notre interdépendance et en comprenant que le mal que je peux créer nous détruira tous alors que le bien que je fais contribue à la construction des autres, de la communauté, du pays et de l’humanité. Comprendre ainsi la solidarité permet à tout individu de réfléchir à ce qu’il faut faire ou ne pas faire pour ne pas nuire à la société.

Ne pas jeter les ordures dans des endroits publics par solidarité pour éviter des maladies. Eviter de détourner les finances publiques à son actif personnel, de favoriser l’évasion fiscale, la corruption pour que ces fonds servent aux malades sans prise en  charge, aux vieillards en souffrance, aux élèves en besoin de matériaux scolaires et à ceux qui aurait pu trouver un emploi grâce à cet argent, c’est également cela être « solidaire». La solidarité enfin, c’est accepter que nous sommes différents dans notre nature, notre culture et nos compétences. Ainsi, il revient à tous, par solidarité, de faciliter le vivre ensemble entre la personne handicapée et la personne valide, entre les jeunes et les vieux, entre les ruraux et les citadins, entre les personnes de différentes religions ou ethnies, entre les intelligences rationnelles, les intelligences verbales, les intelligences corporelles, etc. Le malheur est qu’au lieu de valoriser la solidarité entre les différences pour en faire une véritable richesse pour nos sociétés, certains politiques s’en servent pour créer des divisions afin de conquérir ou de conserver leur pouvoir.

La vision moderne de la réussite et du pouvoir qui valorise le soi sur la communauté nous conduit à la mise à mort de la valeur « solidarité ». Le règne du libéralisme et l’individualisation de la société pour faciliter une économie de consommation a fini par détruire les liens de solidarité construits pendant des siècles par les sociétés traditionnelles. La propriété privée, la jungle du marché concurrentiel et la publicité faite autour du succès individuel a amené à la ruine de la réflexion autour d’une démarche d’émancipation par le collectif et le lien social. Et si cela ne suffisait, l’élite politique, en liquidant ou bradant à tour de bras toutes les ressources naturelles et les entreprises à utilité publique de nos pays au profit de l’élite financière continue d’endommager le ciment de solidarité propre à la conscience de l’appartenance à une nation commune. Enrichir les riches et les puissants en privant ou opprimant les pauvres par des taxes et les impôts ne peut conduire qu’à la fin de tout sentiment de solidarité nationale.

« Ce pays ne nous appartient plus », ai-je souvent entendu de ces jeunes candidats à la migration. Comment peut-on se sentir citoyen dans une société où rien n’est fait pour sa survie, sa protection ou son émancipation ? Dans les sociétés pré-libéralisation, la protection sociale reposait sur une solidarité mécanique entre l’ensemble des membres du village ou de la cité. Le problème de tel était le problème de tous. Une collectivisation étouffante pourrait-on dire des problèmes des individus, des familles, mais qui permettait toutefois de mobiliser les ressources disponibles pour soigner les malades, allouer des terres aux nécessiteux et aux étrangers, marier les jeunes ou encore combattre les agresseurs ou les colonisateurs.

La modernité « libérale » est venue proposer à la place l’égoïsme de la propriété et du succès individuel. Le fait de ne devoir rien à personne et de ne vivre que pour soi et pour son seul bonheur. L’hédonisme ne peut conduire qu’à des conflits ou des actes concurrents au profit du plus fort ou de celui qui a le plus de ressources à son actif. Dans la concurrence, il n’y a point de solidarité possible. Ainsi va du modèle social dans lequel nous baignons et qu’on alimente via les médias par les discours sur l’entreprenariat ou encore par des politiques publiques libérales et anti-solidarité.

Détruire la valeur « solidarité », c’est drainer une société vers son extinction. Le manque de solidarité créé par la violence de quelques individus qui veulent accaparer les biens et les ressources de toute la société pour eux seuls, amène à la violence des oubliés du partage et de la redistribution sociale. Pour survivre dans des sociétés de concurrence ou de lutte pour le profit individuel, les citoyens s’en remettent souvent à des communautés de foi, d’action ou à des groupes extrêmes qui leur assurent un sentiment d’appartenance et une protection que leur refuse l’Etat. Il est alors hypocrite de s’étonner de l’extrémisme violent et du terrorisme qui secoue nos sociétés libérales. En réponse à cette crise des sociétés libérales, notre approche reste la valorisation de l’éducation à la solidarité. En un mot le défie revient à nous tous de faire renaître la lumière de la solidarité dans l’obscurité égoïste et individualiste de nos sociétés modernes.

Samir ABI


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