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Armes nucléaires et péril humanitaire en Afrique

L’impact humanitaire des armes nucléaires : Pour un débat sur l’uranium africain

par Samir ABI

armes nucléaires

A un mois du début au Mexique de la deuxième conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, les regards de nombreux africains sont tournés vers le Niger où le gouvernement peine à trouver un accord avec la puissante société AREVA.  La résistance de l’Etat nigérien face au géant AREVA et la mobilisation de la société civile nigérienne autour de ce dossier soulèvent en Afrique l’espoir de voir enfin le peuple nigérien se réapproprier sa souveraineté sur ses ressources minières.

L’enjeu est de taille d’autant plus qu’une importante partie des recettes budgétaires du Niger, un des pays les plus pauvres d’Afrique, dépend de l’uranium. Cependant après plus de 40 ans d’exploitation ce minerai aura plus causé de désolation aux populations nigériennes que de profits. Malédiction des ressources oblige, ce pays fut mille et une fois secoué par des coups d’Etat et des tentatives de déstabilisation ayant souvent lieu à des moments cruciaux où sont menées des négociations sur l’exploitation de l’uranium dans le pays.

Jusqu’à  une époque récente les gouvernements nigériens ménageaient copieusement AREVA au risque de perdre leur pouvoir. L’arrivée de la Chine et ses intérêts marqués pour l’uranium nigérien ont progressivement fait évoluer les lignes dans un contexte marqué depuis près de vingt ans par des mobilisations de la société civile nigérienne pour la défense de leur droit à vivre dignement des ressources exploitées sur leur sol. L’autre sujet d’enjeu qui constitue le mobile de la mobilisation de la société civile nigérienne est la question du désastre écologique et humanitaire qui a jalonné des décennies d’exploitation de l’uranium dans ce pays.

L’uranium et le péril humanitaire

Les organisations de la société civile n’ont de cesse de rappeler le manque de respect de l’environnement, des conditions de travail des ouvriers et des populations riveraines des mines par les entreprises exploitant des minerais en Afrique. Malgré les promesses mille fois formulées les entreprises minières minimisent les coûts de leur exploitation en occasionnant des désastres au niveau écologique et humanitaire. L’exploitation de l’uranium n’est donc pas en reste de cette logique générale. Que ce soit au Gabon, en Namibie ou au Niger, les mines d’uranium ont occasionné en Afrique des énormes bouleversements tant au niveau des populations que des paysages.

Arlit, à 800 km de Niamey, la capitale nigérienne, offre le spectacle désolant des conséquences de l’exploitation d’une mine d’uranium.  Plus de 100 000 personnes y vivent, travaillant dans les mines  ou attirées par les phares des masses monétaires en circulation dans cette ville, en plein désert, créée à la suite de la découverte des gisements d’uranium dans la région. Des travailleurs de divers pays y côtoient des trafiquants de toutes sortes, des prostituées, et de plus en plus de migrants illégaux en route vers l’Algérie ou la Libye.

 Le peu de respect des conditions de protection par les sociétés minières ont pour conséquence une exposition des populations d’Arlit aux radiations nucléaires et un fort taux de maladies liées entre autre à la pollution de l’eau. Les nappes phréatiques de la ville sont ainsi vidées de leurs eaux pour l’exploitation des mines à ciel ouvert et polluées de même par les poussières d’uranium. Le plus dramatique reste la situation des ouvriers dans les mines. Ils sont le plus souvent victimes des rejets de radon, un gaz fort dangereux et très radioactifs qui conduits à des cancers de poumon. Les familles des ouvriers ne sont pas non plus à l’abri des conséquences des mines. Bien des enfants des ouvriers sont nés avec des déformations tristes conséquences de la contamination de leurs parents. Fort malheureusement les mines d’uranium restent toujours un danger majeur bien après la fin de leur exploitation. Le cas de l’ancienne mine d’uranium de Mounana au Gabon en est un exemple parmi tant d’autres du refus des entreprises minières de payer le coût environnemental et social de leurs activités sur les faunes, les flores et les populations des localités abritant les mines.

Abolir les armes nucléaires et en finir avec le désastre de l’uranium en Afrique

L’uranium est le composé le plus important qui rentre dans la chaîne de fabrication des armes nucléaires. Ainsi les sociétés d’extraction d’uranium sont elles intimement liées aux services de l’armée et aux services de renseignement des pays pour lesquels elles œuvrent. La force de dissuasion nucléaire française, élément de prestige et un des symboles de la puissance militaire française dans le monde, dépend en grande partie des mines d’uranium en Afrique et au Kazakhstan où opère AREVA.  Il est donc difficile d’imaginer une réelle souveraineté des pays où ces ressources sont exploitées vu leur importance stratégique aux yeux de la France.

L’abolition des armes nucléaires et le recours à de nouvelles sources d’énergie non polluantes pourront, à n’en point douter, être des éléments de libération de ces pays liés contre leur gré au diktat des multinationales nucléaires et de leur puissance.  Le continent africain ne peut donc être à un simple rang d’observateur dans le processus lancé à Oslo en février 2013 sur l’impact humanitaire des armes nucléaires et visant à une abolition pure et simple des armes nucléaires au niveau international. Bien que l’Afrique soit une zone exempte d’armes nucléaires depuis juillet 2009 à la suite de l’entrée en vigueur du traité de Pelindaba, il n’en demeure pas moins que la présence sur le continent de mines d’uranium doit faire de cette question un sujet de préoccupation pour tous. Notre avenir sur terre en dépend.

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