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L’esclavage domestique des Togolaises

Communiqué de presse

 Visions Solidaires accuse…

esclaves

Visions Solidaires saisit ce jour solennel où débutent les dernières rencontres des assises de la diaspora togolaise pour revenir sur l’actualité des esclaves togolaises au Liban qui retient notre attention depuis une dizaine de jours. En effet, depuis l’annonce par le journal en ligne ivoirien Koaci.com de la séquestration par des réseaux mafieux libanais de six jeunes filles africaines, dont deux Togolaises,  retenues en esclavage domestique au Liban, Visions Solidaires essaie en vain d’entrer en contact avec des organisations libanaises de défense des droits des migrants afin de trouver une solution à cette situation. Cet énième cri de détresse vient conforter nos appels incessants au gouvernement togolais sur la tragédie dont sont trop souvent victimes les travailleuses domestiques togolaises dans divers pays d’Afrique et au Moyen-Orient.

Le Togo détient un triste record en Afrique de l’Ouest, celui d’être le pays qui compte le plus de travailleuses domestiques à l’intérieur et hors de ses frontières. Des réseaux mafieux de diverses origines avec le silence complice de responsables togolais alimentent le flux de trafic de jeunes filles à peine majeures et de femmes togolaises vers, plus particulièrement, le  Gabon et le Liban. Dans ces pays, trop vulnérables, elles servent souvent de bonnes à tout faire, travaillant 24 h sur 24 sans possibilité de week-end. Cette quasi privation de liberté, sans respect de la dignité humaine, se termine souvent par des fugues, la prostitution, des suicides ou une perte de raison suite aux multiples violences subies de la part de certains patron-ne-s sans scrupules.

Les appels lancés depuis plusieurs années par Visions Solidaires pour enrayer ce phénomène se sont heurtés au peu d’intérêt que soulève cette problématique au sein du gouvernement, plus intéressé par l’argent de la diaspora que par le sort de ces travailleuses domestiques. Ainsi, les efforts de Visions Solidaires pour la mise sur pied dans les ambassades togolaises de mécanismes de protection des travailleuses domestiques ne trouvent pas encore écho auprès du gouvernement. De même, la nécessité de mettre en place rapidement une politique de migration professionnelle afin d’éviter que les togolaises ne partent travailler à l’extérieur sans protection, se heurte aux querelles internes de leadership entre les ministères et au sein des directions, chacun ne voyant dans la migration qu’une nouvelle opportunité pour des financements de bailleurs de fonds. Au regard de ces faits, Visions Solidaires accuse les acteurs étatiques de faire preuve de surdité et d’aveuglement sur la situation ; pour peu qu’on ne les accuse de non assistance à personne en danger.

Les vies de jeunes filles et de femmes togolaises qui continuent de se perdre au loin, souvent exploitées et parfois séquestrées, sont aussi  le fait du refus par  les acteurs étatiques de comprendre que la migration est d’abord une question humaine avant d’être une manne financière. Combien de cris de détresse doivent encore nous parvenir pour que rapidement des mesures soient prises pour éradiquer les trafics humains au Togo et mettre sur pied une véritable politique de migration professionnelle ? Ce débat malheureusement oublié se devait de figurer dans le programme des actuelles assises de la diaspora togolaise, car cette dernière est constituée aussi des milliers de travailleuses domestiques de par le monde obliger d’exercer ce métier pour sortir de la misère leur famille restée au pays.

Visions Solidaires en appelle à la solidarité internationale pour que soient retrouvées les travailleuses domestiques africaines victimes des réseaux mafieux au Liban et pour qu’enfin la convention 189 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les travailleurs domestiques soit réellement appliquée dans toutes les parties du monde.

Fait à Lomé le 27 mars 2014

L’Equipe de Visions Solidaires

Contact presse : ABI Samir, email : visionssolidaires@gmail.com

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2 commentaires

  1. Kag SANOUSSI dit :

    Merci pour ce message d’alerte!
    Les travailleuses domestiques dont il est question au sein de la diaspora relèvent de la diaspora silencieuse dont on entend que peut parler.
    Il faut donc mettre en place des dynamiques pour d’abord les repérer puis leur venir en aide.
    Bien évidemment que cela doit être un de sujet des organisations de la diaspora afin que ces femmes ne se sentent pas/plus seule.
    Une responsabilité que doit prendre à bras le corps les gouvernements des pays concernés ainsi que les Ambassades pour que le droit des migrants soit respecté.
    Cette forme d’esclavage domestique qui n’a rien de moderne doit également être combattue dans les pays d’Afrique et au Togo notamment.

    Les consciences et les responsabilités doivent être touchées pour arrêter de traiter ces femmes comme des objets pouvant relever du code noir.

  2. Tino dit :

    c’est triste que nos soeurs subissent toutes ces formes de violances de la part de leurs employeurs. Au meme moment les gens qui ne font rien s’accapare de la richesse de tout un peuple et oblige les familles à envoyer les enfants à l’étranger. Ces qui ont perdues toute espoir dans leur propre pays. Que Dieu nous vienne en aide.

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