Visions Solidaires

Accueil » Posts tagged 'xénophobie'

Archives de Tag: xénophobie

Publicités

Regards d’acteurs: La Côte d’ivoire

La Côte d’Ivoire, Pays d’hospitalité

Par Samir ABI

Cote-divoire-photo

Il faut se rendre au bord de la lagune Ebrié pour comprendre à quel point la Côte d’Ivoire à elle seule, est un symbole en matière d’accueil et d’intégration des migrants en Afrique de l’ouest. La population cosmopolite de ce pays et son dynamisme vous rappelle à chaque moment la véracité des premiers vers de l’Abidjanaise, l’hymne national ivoirienne : « Salut Ô Terre d’espérance, Pays d’hospitalité». Un hymne certes calqué sur le modèle de la marseillaise mais qui doit sa composition à « l’amitié des peuples frères ». Bien avant son indépendance et la composition de l’Abidjanaise, la côte de l’ivoire, tout comme son voisin de la côte de l’or (actuel Ghana), attirait déjà une myriade de peuples de différents pays d’Afrique de l’ouest.

Pour ceux ayant peu de connaissance sur cette région d’Afrique, qui formait anciennement le Royaume Ashanti et l’Empire Mandingue, il faut savoir que ses terres bénies regorgent de ressources forestières immenses, des sols les plus fertiles du continent, d’un climat des plus propice pour l’agriculture et d’un sous-sol riche en pierres précieuses (or et diamant en particulier). Tous les ingrédients pour attirer les migrants européens qui ont entamé la colonisation de la zone au XIXème siècle. A la suite des Européens, les populations de diverses communautés africaines, déjà habituées aux échanges avec le Royaumes Ashanti et l’Empire Mandingue, vinrent également prendre pied dans ce qui était considéré déjà pendant la période de la colonisation comme un « Eldorado de croissance ». (suite…)

Publicités

Regards d’acteurs: Xénophobie

Les Africains n’aiment pas les Africains

Par Samir ABI

we_are_african

Le constat est fort écœurant. Les Africains sont bien plus terribles envers leurs frères Africains qu’avec d’autres. Certains parlent du « syndrome de l’esclavage ». Une très jolie expression pour désigner cette méchanceté manifeste des Africains contre d’autres Africains. Que dire de plus ! Face à la déferlante xénophobe qui secoue le continent du Sud au Nord. Désemparés à la lecture des messages des migrants africains qui nous parviennent d’Afrique du Sud et du Maroc. Las de la politique de l’autruche de nos dirigeants qui refusent de mener de réelles actions concrètes contre cette vague de xénophobie. L’Africain est en danger sur son propre continent. Les récents évènements en Afrique du Sud viennent encore nous le démontrer. Des boutiques pillées, leurs propriétaires tués, des familles obligées de se cacher parce qu’on a cru bon d’accuser les migrants de vendre des faux produits. Et tout cela s’est passé devant les forces de l’ordre. Devant celles-ci, on brûle à Bangui par haine religieuse, par haine tribale. Et les mêmes forces de l’ordre sont à la manœuvre en Algérie, au Maroc, en Tunisie pour pourchasser les « Noirs », migrants illégaux, le business bien connu de la sous-traitance des politiques européennes. Pour ne pas parler des visas et de la chasse aux « cartes de séjour » des étrangers « Africains » en Afrique de l’ouest ou encore des discriminations vécues par les réfugiés somalis ou sud soudanais en Afrique de l’est.  Passé l’euphorie du protocole sur la libre circulation en Afrique, le continent va mal, plus mal que jamais. (suite…)

21 mars: Journée internationale contre la discrimination raciale

L’Apartheid migratoire

Par Samir ABI[1]

 

everyone is a foreigner

Le migrant, l’ennemi à abattre. Quel que soit le pays ou le continent. Qu’il soit de première, de deuxième ou de nième génération. Il est le bouc émissaire de tous les malheurs. Des épidémies sanitaires à la crise de l’emploi. L’idée de cet article sur l’apartheid migratoire m’est venue en me baladant dans le quartier résidentiel et commercial de Rosebank à la banlieue de Johannesburg en début d’année. C’était au cours d’une action de monitoring sur la situation des migrants ouest africains vivant en Afrique du Sud. Le contraste est saisissant entre Rosebank, où habite ce nouveau mélange de genre qu’est la nouvelle bourgeoisie sud africaine, et les ghettos de migrants dans le township d’Alexandra. J’étais loin de me douter que quelques semaines après ce voyage, une déferlante xénophobe s’abattrait sur ces hommes et femmes dont le crime est de vouloir vivre et travailler en Afrique du Sud. L’occasion de la journée internationale contre les discriminations raciales[2] me permet de revenir sur ce que j’ai vu et entendu des migrants dans cette ville complexe de Johannesburg. De décrire surtout ces nouveaux murs, visibles comme invisibles, de plus en plus épais, érigés à l’intérieur du continent africain et au-delà, à l’encontre des populations migrantes. (suite…)