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Dialogue de Haut Niveau sur la Migration et le Développement

En direct du Dialogue de Haut Niveau sur la Migration et le Développement

par Samir ABI

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New York, 03 octobre 2013, pour la deuxième fois dans son histoire l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies se penche sur la question des migrations, sept années après l’initiative prise par Koffi ANAN, alors Secrétaire général de cette institution, d’amener le débat multilatéral sur ce sujet préoccupant. En effet il a fallu le courage de ce digne fils de l’Afrique pour que la problématique de la migration soit abordée dans l’hémicycle des Nations Unies, malgré l’hostilité des États Unis et d’autres pays industrialisés. Cette nouvelle réunion de haut niveau tend à faire le point sur le chemin parcouru depuis la première réunion tenue en septembre 2006.

Sujet préoccupant, mais auquel ne s’intéressent pas beaucoup de pays membres de l’ONU qui ont choisi de se faire représenter par leur ministre des affaires étrangères ou leur ambassadeur en poste à New York. Ironie du sort, cette réunion s’ouvre avec la triste nouvelle du naufrage d’un bateau de migrants au large de l’île italienne de Lampedusa faisant plus de cent morts. Cette tragédie a rappelé aux participants la nécessité de dépasser l’étape des paroles pour en arriver à des actes concrets afin de sauver la vie des deux cent millions d’êtres humains en situation de migration, et défendre leurs droits. Ces dernières années ont, certes, été marquées par les réunions annuelles du Forum Mondial sur la Migration et le Développement, mais, au final, elles n’ont donné lieu qu’à des discours sans réelles prises de décisions en vue de protéger le droit des migrants. L’objectif affiché par les Nations Unies pour ce deuxième dialogue de Haut Niveau est d’aboutir à du concret pour la cause des migrants.

Dans son discours d’ouverture de la réunion de Haut Niveau ce matin, Mr Ban-Ki Moon est revenu sur la nécessité de mettre en œuvre des mesures qui protègent les droits des migrants, et qui permettent de reconnaître leur courage, leur vitalité et leur rêve qui contribuent à rendre prospères les sociétés de beaucoup de pays. Le Secrétaire général des Nations Unies est revenu sur huit mesures concrètes dans le cadre d’un programme d’action proposé par l’ONU, et intitulé « Réussir la migration ». Ces huit mesures portent sur la protection des droits des migrants, l’amélioration du sort des migrants en détresse, la fin de l’exploitation des travailleurs migrants et de leur trafic, la réduction du coût de la migration, l’amélioration de la perception des migrants dans les pays d’accueil, l’intégration de la migration à l’agenda post-2015, le renforcement de la coopération internationale autour de cette thématique, et la nécessité de la mise à disposition d’une base de données conséquente sur le phénomène de la migration dans le monde. Le discours du Secrétaire général a été suivi par l’intervention de divers ministres et ambassadeurs, présentant les actions de leur pays en lien avec la migration. Au rang des annonces phares, il est à noter la proposition du Maroc de la création d’une alliance africaine sur la migration et le développement, afin de palier à l’absence, sur le continent, d’un cadre formel de dialogue sur cette thématique qui touche pourtant la totalité des pays africains.

L’Afrique est, comme à l’habitude, la grande absente des débats autour de ce sujet, pourtant crucial pour son développement. Aucune position commune africaine n’a été définie avant cette réunion, chaque pays préférant y aller selon ses intérêts stratégiques sur la thématique. Cette division fait notamment le jeu de l’Union Européenne qui s’en sert pour renforcer ses liens avec les pays de l’Afrique Nord, devenus une extension des frontières européennes. Ces derniers appliquent à la lettre les mesures de sécurité dictées par l’Europe à l’encontre des réfugiés et migrants d’Afrique Sub sahariennes tentant de fuir les conflits, l’accaparement des ressources par les multinationales, l’exploitation et la misère sur le continent. Face à la fuite de responsabilité des États, la société civile africaine, malgré sa faible présence à cette réunion, essaie de défendre au mieux les intérêts des millions de migrants africains et ceux de la diaspora.

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En marge de l’action globale des peuples pour la défense des droits des migrants, initiée par plusieurs organisations de la société civile et débutée le lundi 30 septembre, au Church Center, situé à deux pas de l’immeuble des Nations Unies, divers ateliers ont permis aux organisations de la société civile africaine de présenter la situation des migrants sur le continent. Les organisations de la société civile africaine ont appelé à une mobilisation internationale pour la défense des droits des migrants, en général, et des migrants africains victimes d’assassinat en mer et de racismes de toute sorte, en particulier. En espérant que cet ultime appel soit entendu afin que la mer méditerranée ne soit plus le cimetière de ceux dont le seul crime a été de chercher à sauver leur vie de la famine et de la guerre. 

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