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Mariages au Togo

TROIS MARIAGES !

 par Louise BATARD, stagiaire française au Togo

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Après avoir  assisté à un baptême dans une famille musulmane dès notre arrivée au Togo, nous nous demandions si nous aurions l’occasion pendant notre séjour togolais de participer à un mariage. Eh bien non, nous aurons tout simplement le droit d’être invitées à trois mariages !

Nabilah, une membre de Visions Solidaires, nous a invitées à la suivre alors qu’elle était elle-même invitée à 3 mariages musulmans en un seul week-end. Les trois mariages étaient togolais mais avec des consonances ethniques différentes : kotokoli, nigérien, et le dernier malien.

Les mariages se divisent en deux fêtes. Il y a la fête du côté de la mariée et celle du côté du marié. Chaque fête se passe dans la maison des parents respectifs. De grands barnums sont installés et des enceintes diffusent la musique pour tout le quartier ! La fête se passe ainsi dans la rue, et tout le voisinage peut y assister. Nabilah s’est permise de nous inviter à chaque mariage car elle était soit une amie ou soit une cousine de la mariée. Dans les mariages musulmans au Togo, les invitations sont libres, et s’il plait à quelqu’un d’inviter un ami, il sera le bienvenu.

Nous n’avons vu que des fêtes de mariées sur les trois mariages visités. Les mariées sont préparées par les femmes proches, et elles sont « enfermées » dans leur chambre pour une durée variable selon les ethnies, de 1 journée pour les togolaises à 8 jours pour la mariée malienne. Toutes les femmes étaient en tenue traditionnelle.

Nous avons donc commencé notre périple samedi soir. Nous sommes arrivées aux alentours de 21h au premier mariage qui se situait dans un village au nord de la ville de Lomé. Nous avons commencé par saluer les parents de la mariée, en nous agenouillant, toujours par respect envers eux. Puis, nous, les femmes, nous nous sommes déchaussées pour nous présenter à la future mariée, assise dans sa chambre et entourée d’amies. Maquillée et dans une belle robe, elle avait les mains et les pieds magnifiquement décorés de dessins au henné. Nous avons ensuite souhaité sortir pour prendre l’air, et la mariée a pu nous accompagner à condition de se recouvrir la tête et d’avoir l’autorisation de sa mère.

Nous sommes ensuite allées au second mariage, à pied un peu plus loin dans le village. Nous sommes arrivées, la musique faisait vibrer la rue ! Les sièges étaient installés en cercle et les invités dansaient au milieu. L’arrivée de quatre « Yovo » à fait fureur. Obligées par l’assistance de danser, nous nous sommes appliquées à apprendre les danses traditionnelles des ethnies présentes. Un seul repère entre tous : bouger au maximum les fesses ! La première danse ressemblait même à un concours de déhanché ! Incapable d’en faire autant, notre application à essayer nous a valu de nombreuses salutations du public et notamment des « mamans ». Pour nous féliciter de nos performances, il est coutume de nous mettre sur le front des bonbons (c’était le cas ici) ou de la monnaie (dans le cas du mariage à consonance nigérienne). On voit alors une troupe d’enfant se ruer sur la piste pour ramasser les nombreux bonbons tombés par terre.

Notre épopée pour le samedi soir se terminera donc là, dans l’attente des grosses festivités du dimanche.

Arrivées le dimanche matin aux alentours de 11h, avec notre guide du week-end, Nabilah, on nous installa sous un barnum, nous offrit à boire et à manger. La musique était toujours présente, mais seule les « mamans » dansaient. Puis, il y eu une procession de femmes parmi lesquelles était la mariée (reconnaissable par le voile qui l’a recouvrait). La procession suivait la musique en dansant et certaines femmes portaient les affaires de la nouvelles mariées (valises et cadeaux). Après qu’elle eu traversée toute la fête, on installa la mariée dans une voiture, accompagnée de plusieurs femmes dans d’autres véhicules et elles partirent ensemble vers le nouveau domicile, celui de son mari, où l’attendait une nouvelle fête de bienvenue. Après ce départ très joyeux, la musique et les danses continuèrent jusqu’en milieu d’après-midi.

Nous avons alors profité de l’accalmie du départ de la mariée pour retourner au premier mariage. Comme la veille nous avons salué la mariée dans sa chambre. Maquillée, enjolivée de bijoux sur la peau et couverte d’une coiffe haute d’au moins 30 cm, elle était habillée d’une robe violette splendide. Tout comme 1h auparavant, nous avons été invitées à manger et boire et à participer à la fête à l’extérieur. Puis la mariée est sortie de la maison, toujours entourée par une procession de femmes. Tout en dansant, elle s’est assise dans un fauteuil au milieu de l’assistance. Elle a été ensuite invitée à danser seule plusieurs fois. Il nous a été expliqué qu’il fallait qu’elle profite de pouvoir danser, vu qu’après il faudra qu’elle s’occupe de son mari ! Il s’agissait là d’une note d’humour, car les femmes qui dansaient le plus durant la fête étaient celles mariées.

Puis, une nouvelle procession est venue déposer une corbeille qui contenait tout le nécessaire pour débuter sa nouvelle vie : nourriture, lessive, pagne, … C’est le symbole qu’elle est prête à gérer son ménage. Puis, la mariée est partie se changer et est revenue avec une robe blanche magnifique.

Pendant le changement de tenue, nous avons été invitées à danser. Chaque ethnie a ses propres danses. Au moment ou nous partions vers le mariage malien, un convoi de femmes venu de la famille du marié venait « enlever » la nouvelle épouse pour l’amener à son nouveau foyer.

Le mariage malien quand à lui se déroulait dans la cour de la maison familiale. Il s’agissait de la fête qui précédait l’ « enfermement » de la mariée, après son mariage, pour 8 jours. Une seconde fête aura lieu à sa sortie de la maison maternelle.

La cour était remplie de femmes assises en cercle. Nous sommes allées nous présenter à la mariée dans sa chambre, elle était habillée de sombre et portait un long voile. Après être sorties pour prendre part à la fête, il nous a été offert à boire puis à manger. Pendant ce temps, il y a eu le lavement des pieds de la mariée. Entièrement voilée, la mariée était guidée par des femmes pour s’asseoir au milieu de l’assistance. Puis une « maman » a pris du savon et de l’eau et lui a lavé les pieds, le tout en musique. A la fin, toute l’assistance s’est mise à danser et chanter. Il y avait tellement de femmes à regarder qu’il nous était impossible de voir précisément la scène.

Ces trois mariages nous ont permis d’approcher les traditions africaines, et surtout de comprendre l’importance de l’appartenance ethnique dans ces traditions. Nous avons vu trois mariages togolais, mais trois mariages bien distincts de part leurs musiques, danses, accueil et coutumes. La vie africaine est pleine de ses richesses interethniques, au quotidien. Alors quelle sera notre prochaine grande découverte des traditions africaines ?

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