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Education inclusive dans les enseignements secondaire et supérieure au Togo

Handicap et  formation : Situation des élèves et étudiants en situation de Handicap au Togo

Par Samir ABI et Morgane BUAN

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Les conditions d’étude des élèves et étudiants togolais font souvent la une des journaux chaque année académique à la suite des mouvements de grèves revendiquant une meilleure situation. Loin des projecteurs, les difficultés rencontrées par les centaines d’élèves et étudiants en situation de handicap, que comptent les institutions éducatives togolaises, sont mal connues. Pour lever le voile sur cette situation préoccupante, l’association Visions Solidaires a lancé une étude pour faire le point sur la formation et les obstacles rencontrés par les élèves et étudiants en situation de handicap dans les enseignements secondaire et supérieur au Togo.

Deux mois de recherche, financés par l’ONG internationale CBM, ont permis d’explorer les difficultés que rencontrent les élèves et étudiants en situation de handicap au Togo lors de leurs études. Ces difficultés touchent surtout les accès aux infrastructures scolaires et universitaires, leur orientation au secondaire et après le baccalauréat, la qualité des services offerts par les quelques structures d’accompagnement mises à leur disposition et les réactions du corps enseignant et des camarades valides vis-à-vis de leur handicap.

Pour atteindre les résultats et avoir une idée réelle de la vie des élèves et étudiants en situation de handicap au Togo, une collecte de données quantitatives et qualitatives a été faite dans les villes de Lomé et de Kara auprès des apprenants en situation de handicap au secondaire et à l’université, auprès des enseignants du secondaire et à l’université, auprès des responsables d’établissement, des structures d’accompagnement et des ministères. Au total, 279 élèves et étudiants en situation de handicap ont été interrogés dont 177 à Kara et 102 à Lomé.

Les données qui résultent de l’étude montrent que 43% des apprenants interrogés ont des difficultés d’accès aux salles. Ces difficultés consistent à la montée et à la descente des escaliers (95%) chez les apprenants en situation de handicap moteur. Alors que pour les apprenants en situation de handicap visuel, il s’agit du repérage de la salle (97%). Le grand nombre d’étudiants à l’entrée des salles reste un problème conséquent dans les universités pour ces deux types de handicap.

Les grilles d’observations ont permis de constater que dans les établissements abritant les apprenants en situation de handicap, la plupart de ceux-ci ne sont pas équipés de rampe et de garde-fou. De même, lorsque les sanitaires existent, ils ne sont pas adaptés aux types de handicap. Quand l’apprenant en situation de handicap visuel ou moteur arrive à accéder aux salles, il est souvent confronté à l’inadéquation des bancs ou au manque de place à cause de l’effectif, surtout pour les étudiants.

L’accessibilité aux cours est limitée du fait que pour les apprenants handicapés visuels, les cours sont en écriture ordinaire, le manque de place proche du tableau, le bruit des camarades dans la salle ou encore le professeur qui écrit au tableau sans prononcer les mots. Pour les apprenants handicapés auditifs, les difficultés sont liées au fait que l’enseignant parle sans écrire.

Les enseignants à l’université, pour la plupart, ne tiennent pas compte des apprenants handicapés à cause du grand nombre d’étudiants. Les étudiants handicapés évoquent aussi le fait que les enseignants ne sont pas informés de leur présence et ne savent pas ce qu’il faut faire lorsqu’ils le sont. En ce qui concerne leurs camarades valides, il existe avec eux une relation cordiale. Ils travaillent le plus souvent ensemble et les aident dans la compréhension du cours, dans la prise de notes, dans la recherche documentaire et dans le repérage des salles pour les handicapés visuels. Peu d’apprenants en situation de handicap connaissent les structures d’accompagnement créées pour leur venir en aide dans le cadre de leurs études. Ces structures même si elles existent sont trop peu nombreuses et sous financées. Les services d’orientation scolaires et professionnels qui existent ne tiennent pas compte des différents types de handicap.

La portée de cette étude tient à ce qu’elle vient aiguiller les acteurs étatiques et non-étatiques sur les actions à mener à court, moyen et long terme pour faire de l’inclusion et de l’accompagnement des apprenants handicapés une réalité dans les institutions secondaire et universitaire sur la terre de nos aïeux.

 

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